Lizeroux & Grange : le duo de légendes tire sa révérence

Haie d’honneur, ovation et champagne… Voici ce qui attendait les deux cadors du slalom en bas de la piste des Perrières aux Gets, samedi 27 mars, pour honorer la fin de leur carrière.

A la fin de cette saison d’hiver, Julien Lizeroux et Jean-Baptiste Grange ont annoncé leur retraite sportive. Chacun à leur manière, avec leur personnalité et leur palmarès, ils ont marqué l’histoire du ski alpin.

Alexis Pinturault, vainqueur du classement général de la Coupe du monde 2021, a tenu à être présent pour célébrer la brillante carrière de ses co-équipiers.

Julien Lizeroux

A 41 ans, Julien Lizeroux, skieur de La Plagne a été vice-champion du monde de slalom et de combiné à Val d’Isère en 2009 et a décroché 11 podiums en Coupe du monde, dont trois victoires.

Qu’as-tu ressenti lors de cette dernière descente ?

« Déjà, ça m’a fait très mal aux jambes ! C’est fou comme on peut perdre physiquement en si peu de temps. Sinon je me suis éclaté sur la piste, l’ambiance était géniale au départ. Ça faisait 1 mois que je n’avais pas rechaussé et mon envie était toujours intacte. J’essaie de profiter de ces derniers moments. Avec JB, ça nous tenait à cœur de partager notre fin de carrière avec tous les jeunes et les coachs en France. »

Quels ont été les moments marquants de ta carrière ?

« Ma 1ère Coupe du Monde en 2000, ma 1ère victoire à Kitzbühel en 2009, les Mondiaux à la maison à Val d’Isère. On n’avait jamais vu autant de spectateurs, c’était vraiment cool. J’ai eu la chance de traverser les générations. J’ai commencé avec des mecs qui avaient 15 ans de plus que moi et je finis avec des jeunes qui n’étaient pas nés lorsque j’ai attaqué mes 1e Coupes du Monde.

Un autre moment marquant de ma carrière fût ma blessure au genou gauche qui m’a éloigné des pistes. Après plus de 2 ans et demi d’absence, mon retour en Coupe du Monde a été très émouvant.

Je me rappelle des podiums mais je retiens surtout des personnes qui nous ont accompagnées. Nous, les sportifs, on est la fin du maillon. Il y a énormément de monde à nos côtés : les coachs, les préparateurs physiques, les kinés, les techniciens… Une vraie aventure humaine. C’est surtout ça que j’ai envie de retenir et j’ai aussi envie de les remercier, car sans eux, on ne serait pas là. »

Tu as vu évoluer le ski ces 30 dernières années. Qu’est-ce qui a changé ?

« Quand j’ai commencé, il y avait une domination autrichienne. Au milieu des années 2000, les américains sont arrivés sur le circuit et ils ont amené cette touche américaine un peu plus détendue et sympa, un état d’esprit dans lequel je me suis vite reconnu, et qui perdure encore aujourd’hui ! Le ski a beau être un sport individuel, l’ambiance entre les skieurs est bonne et conviviale.

Au niveau de la technologie, la discipline a fortement évolué. Les skis sont de plus en plus performants, les réglages sont plus fins. Le sport s’est beaucoup professionnalisé : on fait aussi plus attention à la préparation physique et à la récupération. »

Un souvenir particulier aux Gets ?

« Quand j’étais gamin, j’ai fait plusieurs courses aux Gets. Je me souviens encore du télésiège qui monte jusqu’au sommet du Mont Chéry »

Jean-Baptiste Grange

Jean-Baptiste Grange, l’enfant de Valloire, c’est un palmarès de trois médailles aux championnats du monde, dont deux en or, 18 podiums en coupe du monde, dont neuf victoires en slalom et en super combiné, ainsi qu’un globe de cristal en slalom en 2009.

Comment as-tu vécu ce dernier départ ?

« Pour moi, c’était la fin de saison et la fin de ma carrière. J’avais juste envie de descendre tranquillement et de profiter de l’ambiance générale. »

Pourquoi était-ce important pour toi d’être ici aujourd’hui ?

« Quand on est sur le circuit Coupe du Monde, on ne voit pas toujours les jeunes et  les coachs du circuit français. C’est toujours sympa de revenir aux Championnats de France pour passer une journée dans le milieu du ski français. J’en profite pour dire bravo aux Portes du Soleil d’avoir repris l’organisation des Championnats et aux différentes stations qui ont accueilli les épreuves, et merci aux nombreux bénévoles. »

Quels ont été les moments phares de ta carrière ?

« Il y en a eu plein…D’abord les 3 médailles aux Championnats du Monde, puis le globe de slalom en 2008, sans oublier les différentes victoires sur les grandes classiques. Je n’ai pas spécialement envie d’en choisir une car elles sont toutes belles, elles ont toutes une histoire. Ce que je retiens aussi c’est l’aventure humaine avec les différents groupes pendant une quinzaine d’années en Coupe du Monde. Cette vie un peu hors du commun qu’on vit tous ensemble, des moments de vie et de partage aux 4 coins du globe… »

Tu as vu évoluer le ski ces 30 dernières années. Qu’est-ce qui a changé ?

« J’ai récemment revu des images de 2007, il y a 14 ans, et je peux vous dire que ça n’a plus rien à voir avec aujourd’hui. Le slalom est une discipline qui évolue d’année en année, les jeunes poussent et élèvent le niveau toujours plus haut. Il était temps pour moi de passer à autre chose. »  

Quel est le prochain chapitre pour toi ?

« J’ai plusieurs projets en perspective. Des projets familiaux – j’ai une petite fille de 7 mois – et de maison. Au niveau professionnel, je vais reprendre le magasin de mes parents. Et puis, j’ai d’autres idées dans le milieu du ski qui me tiennent à cœur. »

Crédit photos : Agence Zoom, Mel Carle

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