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Les Gets, une histoire de pionniers

Retraçons l’histoire de ceux qui ont bâti le domaine skiable des Gets, avec leurs mains et leurs cœurs. Leur énergie et leurs idées. Une histoire unique qui rappelle que toutes les pistes mènent aux hommes qui les ont tracées.

Henry Anthonioz Maire des Gets en 2020

Henry Anthonioz était un Gêtois, un vrai ! Maire et électricien depuis 43 ans, Henry en était à son septième mandat en 2020. Les montagnes environnantes ont bercé son enfance et il comptait bien les voir se développer dans le respect de l’environnement et la culture.

“L’image qu’on aimerait bien donner, mais qu’on a du mal à garder, c’est l’identité du montagnard, du Haut-Savoyard avec ses habitudes, sa façon de manger, de vivre. À force de démolir des vieux bâtiments et d’en refaire des neufs, on perd un peu notre identité et c’est ce qu’il faut qu’on conserve.”

Régis Pernollet Ancien chef des pistes

Régis Pernollet, ancien chef des pistes, avec 36 ans d’ancienneté a été embauché en 1969 par Alphonse Monnet le maire de l’époque. Employé polyvalent, il débute dans les remontées mécaniques en tendant des perches. Assez bon skieur, il est vite repéré pour devenir pisteur-secouriste. À l’époque, les pistes n’étaient pas les grands boulevards d’aujourd’hui.

“On aimait bien, on était jeune. On travaillait pour notre entreprise. Disons que les remontées mécaniques c’était notre boîte à nous. Donc il fallait que ça tourne, que ça marche… et personne ne comptait ses heures.”

Maurice Ramel Première génération de dameur 

Maurice Ramel a toujours voulu être mécano et pourtant, il a longtemps été conducteur de dameuse.

“Contrairement à aujourd’hui, le damage se faisait de quatre heures du matin à onze heures, il fallait se faufiler entre les skieurs !”

Dans les années 1960, les premières machines ne passaient pas partout, mais rapidement le matériel évolue et la conduite devient plus agréable : la boîte à vitesse entre les jambes disparaît et les machines avec lames et fraises voient le jour. En 2000, il arrête de conduire des dameuses pour se consacrer à leur mécanique. Sévère et méticuleux avec son équipe, il dorlote les machines qui “souffrent terriblement quand il n’y a pas de neige, quand elles roulent sur des cailloux… il faut en prendre soin… l’avenir du domaine repose en partie sur elles.”

Georges Baud Ancien directeur de la SAGETS, 30 ans d’ancienneté

Né en 1942, Georges a connu Les Gets du temps de la guerre. Les Gets de l’expérimentation et de la grande aventure familiale. Les Gets des pionniers. En 1942, il n’y a que trois téléskis : celui de la Boule de Gomme, le Super-Chavannes et le mont Chéry. Viennent ensuite les téléskis à perches débrayables puis à archets.

“De temps en temps, il y avait des problèmes. À l’époque, c’étaient des pylônes en bois qui supportaient le câble. Alors quand ça déraillait, ça soulevait le pylône. Et le pylône descendait sur tout le câble. C’est là qu’on voyait que c’était du bricolage.”

Comme tout Gêtois, il cumule deux activités. Entraîneur de ski, il s’occupe également des remontées mécaniques communales. En 1984, le maire de l’époque demande à Georges Baud de prendre la direction de la SEM (société d’économie mixte) regroupant la régie communale et les exploitants privés. Elle deviendra en 1990 la Sagets. Il instaure le premier forfait valable sur toutes les remontées mécaniques puis le forfait Morzine-Les Gets avec la construction du télésiège de la Charniaz, considérée comme l’origine des Portes du Soleil.

Marc Bergoend Ancien chef d’exploitation, 42 ans d’ancienneté

Les remontées mécaniques sont souvent le lieu des premiers boulots d’étudiant : Marc Bergoend y était à la fois électricien, perchiste, câbleur, maçon. Il s’agissait de faire tourner la station comme une seule et même entité. L’entraide était le maître mot.

“On faisait un peu comme on voulait. Pour créer une nouvelle piste, on coupait les bois, on faisait passer le bull et terminé. Enfin bon, on se mettait quand même d’accord avec les propriétaires, si propriétaires il y avait.”

Il participe en 1977 à la rénovation de la télécabine du Mont Chéry et puis plus tard, en tant que chef d’exploitation des remontées mécaniques, il supervisera le fonctionnement, l’entretien ainsi que l’exploitation hivernale et estivale. Il aura chapeauté en tout une dizaine d’installations de nouvelles remontées.

Denis Bouchet Exploitant privé sur le Mont Chéry, Ancien Maire des Gets

Fidèle à la règle locale, Denis Bouchet fut maire des Gets, président de la Sagets et exploitant privé sur le mont Chéry. Il débute très jeune à travailler sur les remontées mécaniques. Ses années d’adolescence et de jeune adulte sont les années d’expérimentation et de prises de risque. Au départ, il touche à tout, la liberté est grande : conducteur de dameuses, il est aussi perchiste secouriste. Il a connu les chenillettes, ancêtres de la dameuse. Il est élu maire en 1989 et crée la Sagets afin de doter la station d’un outil efficace pour son développement.

Bernadette Grillet Ancienne responsable des caisses, 40 ans d’ancienneté

18 décembre 1977, Bernadette intègre l’équipe des caisses. Elles ne sont que trois à l’époque. Sa première année en tant que caissière, elle la passe aux Chavannes dans un modeste local sous l’escalier avec deux guichets. Les caisses changent régulièrement d’emplacement, dans un petit chalet puis à la mairie. Une fois les remontées mécaniques passées en statut de SEM, Bernadette devient régisseuse des recettes avec la perception de Taninges.

Alan Hartley Ancien pisteur, 41 ans d’ancienneté 

Alan Hartley, surnommé l’Anglais, est arrivé en 1973 et n’est jamais reparti. Son histoire familiale est digne d’un bon polar. Originaire du Somerset, il passe quelques années d’enfance en Thaïlande jusqu’à ce que son père soit assassiné. Alan et sa mère partent alors au Sénégal et c’est en Afrique qu’il noue son premier contact avec Les Gets : un couple d’amis de sa mère l’invite à passer le mois d’août dans leur chalet, nous sommes en 1970 et Alan a 16ans. En 1973, il revient passer les vacances de Pâques dans le chalet et se trouve embauché à l’été pour un évènement de ski sur herbe. Au printemps 1975, le premier Anglais de la station devient pisteur-secouriste et perchiste.